Choquequirao – Pérou

Aujourd’hui nous sommes en route pour Cachora. Le trek ne débute pas à Cusco mais à environ 4 heures de route dans le village de Cachora. Nous partons pour y passer la nuit et commencer à marcher demain matin. Et ça commence bien, il n’y a pas de transport direct. Nous savions qu’il faudrait changer pour finir la route en taxi mais en fait non, nous devrons prendre un minivan, un autre minivan et un taxi. L’aventure commence déjà !
Pour notre trek du Choquequirao nous partons avec des sacs de 15kg pour Diego et 10kg pour Clémence comprenant équipements, nourriture, vêtements et 2 litres d’eau chacun pour le premier jour. On rechargera chaque soir dans les campings.
C’est vraiment lourd et nous pensions être capables de faire des sacs plus légers mais impossible. L’équipement pèse lourd mais il n’y a pas de possibilité d’hébergement sur la route (tente 2 places, 2 matelas, 2 sacs de couchages, 2 bâtons de marche), les vêtements c’est pareil il nous en faut (et encore nous avons prévu de laver tee shirt et chaussettes) et la nourriture qui pèse aussi son poids va nous permettre d’économiser car pas de possibilité de manger partout sur le trajet, seulement à certaines étapes. Et il paraît que c’est cher et pas vraiment bon. Nous avons donc décidé de partir avec des petits déjeuners : pain de mie et Nutella, des déjeuners : pain de mie + miettes de thon + tomates, des dîners : riz + sauce tomate + soupe et des snacks : fruits secs, amandes, noix de cajou achetés au marché de Cusco et barres au chocolat. Et évidement un réchaud et du gaz pour cuire le riz et la soupe. Comme le soir les températures tombent à 5 ou 6 degrés on sera contents de manger chaud. 
Nous voici donc fin prêts ! Sur 4 jours il nous faudra faire 62 kilomètres (ce qui n’est pas beaucoup en terme de distance) mais avec un sacré dénivelé d’environ 6000 mètres au cumul, ce qui va prendre du temps, surtout avec les sacs sur le dos. Les jours 2 et 4 ne seront que de la grimpette aie aie aie !
Jour 1 de marche
Nous nous réveillons avec une vue magnifique sur les montagnes que nous allons bientôt escalader.
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Nous commençons à marcher à 7h30, il fait frais et nuageux et c’est mieux comme ça ! La vue est magnifique nous sommes scotchés par le canyon.
La première partie descend très fort et nous devons atteindre la rivière avant déjeuner.
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Raide raide !
Malgré la genouillère et les crèmes, le genou de Clémence ne fait pas long feu, après 3 heures de dégringolade, impossible de faire un pas de plus, ça a trop forcé. Nous sommes bloqués à 2 km de la fin avec une grosse envie de laisser tomber … Mais on ne peut pas rester là de toute façon il faut avancer dans un sens ou dans l’autre. Après une longue pause on se « traîne » difficilement jusqu’en bas et arrivons à un premier camping où nous déjeunons et réfléchissons à la suite.
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Sandwichs thon tomate, on est au max
Nous savions que le genou serait un problème mais pas aussi vite. En même temps, c’est une des descentes les plus pentues du trek et dès le premier jour, 1400 mètres de dénivelé négatif sur 9 kilomètres, c’est dur.
On décide de voir ce que ça donne en montée. L’objectif de cette première journée est d’arriver jusqu’à un deuxième camping après la rivière, 500 mètres plus haut (de dénivelé) pour faciliter la journée du lendemain qui doit nous emmener aux ruines. Mais 500 mètres de positif sur 3 kilomètres c’est aussi très très pentu… On met du temps, on s’épuise, mais le genou fonctionne mieux en montée.
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Fioulala … On n’a pas fini
Nous arrivons vers 15 heures au camping pour la nuit, épuisés et démotivés par la difficulté de cette première journée. On monte le camp dans un endroit magnifique, personne aux alentours, c’est quand même magique.
On se dit qu’on fera le point demain matin selon notre état parce qu’encore 3 jours comme ça, on n’est pas convaincu d’aller au bout.
Dans la soirée nous rencontrons 4 autres trekkeurs (des vrais randonneurs à la base contrairement à nous) qui ont eu aussi une rude journée et nous dînons tous ensemble, ça nous remonte le moral de partager nos difficultés avec d’autres et de voir qu’on n’est pas seuls !
Jour 2
Réveil très difficile à 6 heures ce matin. On a mal partout, pas bien dormi et il a plu, les affaires laissées dehors sont trempées … chouette. Des mouches de sables croisées la veille ont laissé des boutons sympathiques surtout sur les jambes de Clemence, ça gonfle, ça pullule et ça gratte. Super.
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Désolé c’est pas beau
On décide tout de même de se mettre en route vers le haut pour les ruines et de ne pas repartir. Nos nouveaux compagnons de route (Marie & Thomas et Juliette & Heidi) nous ont motivés et on y croit. Nous partons tous les deux devant sachant que nous sommes lents et inexpérimentés pour cette ascension. On commence avec de l’énergie, les premiers virages sont difficiles mais on se sent mieux qu’hier. On s’encourage, on se pousse, on crie, on arrive presque à la moitié avec le sourire !
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Allezzzzzzzz làààààààà
Mais en regardant la carte on comprend que l’on n’a pas fait la moitié du dénivelé encore …. et il ne reste que 2 kilomètres donc ça doit être un condensé sympa. On prend un rythme très lent mais sans plus s’arrêter, les pauses nous cassent les jambes et c’est  très dur de repartir. On continue tout doucement, tête baissée, on souffle, on sue mais on continue de grimper. Nos copains nous rattrapent dans le dernier tiers, ils sont KO mais contents. Nous finissons enfin par atteindre le point de campement tous ensemble – on s’écroule, il est 10 heures du matin.
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No comment
On monte le camp et on avale les sandwichs thon tomate avant de repartir. Nous voulons visiter les ruines aujourd’hui et la route est encore longue avant d’atteindre le haut. Mais cette fois nous partons sans les sacs que nous laissons au camping et ça fait vraiment du bien ! Les épaules libérées on avance vite et motivés par la visite qui nous attend. On arrive 2 heures plus tard au site du Choquequirao, il y a seulement 2 autres touristes dans les ruines, c’est le bonheur !
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Pas de sac sur le dos !
La veille nous pensions repartir et ne jamais le voir mais finalement on a réussi et on est tous super contents ! Et pour ne rien gâcher, le site est magnifique.
On profite, on se balade, on s’étend dans l’herbe au milieu des cols qui culminent autour à 5000 mètres et il est déjà temps de repartir.
La route est difficile pour rentrer même sans les sacs et nous sommes épuisés des deux jours que nous venons de faire. Nous partons et arrivons 1h30 plus tard (dans ce sens ça descendait un peu plus) et arrivons au camping pour nous faire à manger et au lit!
Jour 3 :
Ce matin c’est presque une grasse mat’, nous nous réveillons vers 7 heures après une nuit un peu plus complète que la précédente. Il est déjà temps d’entamer la route de retour. Une grosse journée nous attend qui comprend de la descente (encore 1400 mètres de dénivelé) et une courte ascension de 300 mètres sur 2 kilomètres. Nous avons un peu peur de la descente à cause du premier jour et nous partons sans tarder pour ne pas retarder le groupe au cas où nous serions encore coincés. Mais finalement tout se passe très bien ! Le genou tient le coup bon an mal an et on se permet même de courir parce que ça fait moins mal en descente (merci Thomas !). Nous arrivons à la rivière du premier jour au moment où le soleil commence à taper très fort. Ouf. Nous pique-niquons tous les 6 et nous restons un bon moment à l’abri de la maison du gardien, il fait très chaud, impossible de repartir maintenant.
Après une grosse pause il faut bien commencer à se préparer … on est courbaturés, fatigués et la chaleur nous casse. Ce ne sont que 2 kilomètres mais la pente est tellement forte qu’avec le soleil qui tape ça en devient une torture. On arrive au dernier camping avec le moral dans les chaussettes, les trois jours se font sentir, on a poussé fort mais c’est bientôt fini.
On s’installe dans un très joli endroit et on commence tôt à préparer à manger.
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Au programme soupe et nouilles, on a fini notre riz donc on innove un peu. Ce soir là, nous rencontrons Maëlle et Pierre, des trekkeurs chevronnés, qui nous expliquent qu’ils ont fait nos deux premières journées en une seule. De toute façon c’est compliqué d’être moins expérimenté que nous, avec 0 trek à notre compteur.  Mais c’est encore super sympa et on passe une très bonne soirée tous ensemble.
Jour 4
C’est le dernier !!! Réveil très matinal : 4h45 pour filer avant l’arrivée du soleil qui nous a bien fait peur la veille. On s’habille, on remballe la tente, on jette le sac sur le dos et go ! On essaie de prendre un peu d’avance tous les deux pour ne pas arriver trop après nos collègues et c’est parti. Le soleil se lève très vite, vers 7 heures il est déjà la mais il fait encore bien frais. On avance doucement mais sûrement comme d’habitude, l’envie d’arriver vite est plus forte que tout. Les plus rapides nous rattrapent et prennent de l’avance et nous continuons à 4 avec Juliette et Heidi après une pause tous ensemble.
Les derniers kilomètres ne sont que de la grimpette, le soleil réchauffe la vallée, on se concentre, on se tait et on avance tous en chœur, il ne nous reste plus beaucoup de temps avec qu’il fasse trop chaud. Quelques heures plus tard, la montagne est avalée, on arrive victorieux à l’ultime point d’arrivée, on en pleurerait presque (certains ont pleuré ..)  !
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YALAAAAAA
On s’écroule (encore) à l’arrivée en attendant un minibus pour nous ramener tous les 8, le groupe que nous avons formé s’entend bien et nous voulons continuer un peu la route tous ensemble. Pendant le trajet, pas un mot, tous le monde dort. Le soir nous nous retrouvons tous pour un gros hamburger et des frites. Nous fêtons ça tous ensemble, très belle expérience malgré la difficulté et de superbes rencontres !

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